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Grignews

Le journal

Une analyse proposée par les Grignoux
et consacrée au film
Toni Erdmann
de Maren Ade
Allemagne, 2016, 2h42


À travers le Prix LUX, le Parlement européen célèbre le cinéma européen et sa diversité. Décerné chaque année, ce prix souhaite récompenser des productions européennes et les rendre accessibles à un large public, au-delà des barrières linguistiques et culturelles. En 2016, le Prix Lux pour sa 10e édition a sélectionné les trois films : À peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid, Ma vie de courgette de Claude Barras et Toni Erdmann de Maren Ade.

Les réflexions proposées ci-dessous s'adressent notamment aux animateurs en éducation permanente qui souhaitent aborder l'analyse du film Toni Erdmann avec un large public. Cette étude est également disponible au format PDF facilement imprimable.

En quelques mots

Toni Erdmann raconte la tentative d'un père de renouer avec sa fille adulte, une executive woman déterminée à remplir sans états d'âme les missions de restructuration que lui confie son cabinet de consultance.Photo du film La froideur de la jeune femme, qui se combine parfaitement avec le machiavélisme des stratégies qu'elle met en œuvre, contraste avec la bonhomie de son père, un joyeux drille professeur de musique, adepte des blagues de potache. Sous le prétexte de fêter son anniversaire, il la rejoint à Bucarest, où elle officie temporairement, et il découvre l'univers des grands dirigeants économiques décidés à profiter des potentialités notamment pétrolières d'un pays à peine développé. Mais cette intrusion n'aura pas l'heur de plaire à sa fille dérangée dans son travail et ses ambitions par cet hôte importun.

Si l'enjeu dramatique du récit réside essentiellement dans cette relation difficile, le film contient une charge comique inattendue grâce à la capacité du père à assumer des rôles de composition saugrenus et à mystifier ainsi le monde des puissants qui entourent sa fille. Enfin, le personnage agit malgré lui comme un révélateur des profondes inégalités sociales et économiques qu'engendrent les grands décideurs de la mondialisation économique.

Une comédie inattendue

Présenté au Festival de Cannes en 2016, Toni Erdmann a séduit aussi bien la critique que le public par son humour décalé, et le film a souvent été qualifié de comédie même si les moments comiques sont sans doute moins fréquents qu'on ne peut le croire à la première vision. L'humour est pourtant une porte d'entrée aisée sur le film, et un peu de réflexion laisse facilement apparaître derrière le couple contrasté du père et de la fille les figures classiques du cirque : l'Auguste et le clown blanc.

Winfried, le père, assume visiblement son rôle de clown avec les attributs traditionnels de l'Auguste, le maquillage outrancier, le nez rouge remplacé ici par le dentier grotesque, la perruque, les vêtements mal ajustés, une certaine démesure, l'impertinence et une maladresse plus ou moins feinte[1]. Nombre de ses interventions visent à provoquer le rire immédiat par son exubérance, ses gaffes ou ses provocations à l'égard de partenaires pris plus ou moins comme victimes.

En revanche, sa fille Ines apparaît d'abord comme un personnage extrêmement sérieux sans aucun sens de l'humour, supportant avec plus ou moins de patience les incartades de son père. Ce n'est qu'au fil du scénario que son rôle et son potentiel comiques se révèlent, en particulier quand elle accueille ses invités en tenue d'Ève. On devine alors chez Ines les caractéristiques du clown blanc, en particulier physiques : elle est le personnage qui se doit d'être imperturbable en toutes circonstances, celle dont l'apparence reste toujours sobre, celle qui doit rester digne mais dont le sérieux de surface masque en fait la puissance comique[2]. On se souvient en particulier que c'est elle qui fait assumer à son père le rôle pratiquement muet d'un spécialiste des restructurations face au responsable roumain de l'entreprise pétrolière : à ce moment, elle seule mène le jeu en transformant son père en potiche pratiquement muette.

Une histoire sérieuse sinon dramatique

Le film n'est cependant pas un numéro de cirque. Au contraire, un clown dans la vie réelle peut mettre les gens de son entourage mal à l'aise, et c'est ce que fait Winfried avec sa fille en pénétrant dans son monde professionnel, en la déstabilisant à plusieurs reprises sous l'apparence de Toni Erdmann. On se souvient en particulier de cette scène où Ines, après une difficile journée de travail, se retrouve au restaurant avec deux « amies » et que son père surgit derrière elles, emperruqué, se présentant sous l'identité d'un supposé coach de Ion Tiriac. Si Toni fait rire le spectateur et les deux amies, Ines en revanche laisse transparaître son profond malaise - que l'on comprend facilement - derrière sa froideur apparente.

Photo du filmL'enjeu dramatique du film apparaît ainsi facilement puisque le père et la fille se sont éloignés l'un de l'autre, Inès vivant désormais dans un autre monde que son père : peuvent-ils dès lors se rejoindre ou se retrouver avant que la mort ne les sépare définitivement ? Ce lourd enjeu est clairement indiqué au début du film avec la mort du vieux chien de Winfried, qui fonctionne comme le déclencheur de toute l'histoire : même si ce n'est pas explicité, l'on comprend facilement que cet événement est le signe pour le père de son propre vieillissement et de sa propre fin plus ou moins proche, ce qui le pousse à partir à Bucarest pour retrouver sa fille.

Le film va d'ailleurs jouer sur cette attente, en faisant coïncider les retrouvailles des deux personnages avec la mort apparente ou annoncée du père sous son pesant déguisement bulgare : on croit qu'il va faire une crise cardiaque même s'il se relève finalement, puis une ellipse permet de faire débuter la séquence suivante par la venue de sa fille à un enterrement dont on peut supposer un bref instant qu'il s'agit de celui du père avant qu'on n'apprenne qu'il s'agit de la grand-mère. L'enjeu ultime - la mort - est donc bien présent, même s'il est habilement désamorcé grâce à cette astuce scénaristique, la mort de la grand-mère étant substituée à celle du père et moins dramatique pour le spectateur qui la connaît à peine. Cet épilogue teinté de mélancolie permet ainsi de pérenniser un tant soit peu les retrouvailles du père et de la fille, celle-ci se déguisant à son tour à la manière de son père avec un chapeau grotesque et un dentier hideux.

La dynamique dramatique

Si l'enjeu dramatique du film est clairement dessiné, chaque séquence a sa dynamique propre, marquée par l'affrontement entre le père et sa fille, chacun essayant de prendre symboliquement l'avantage sur l'autre. Loin de chercher la réconciliation, ils sont en effet tous les deux dans une relation conflictuelle implicite où chacun cherche à s'imposer à l'autre. L'affrontement porte sans doute, comme c'est exprimé par Winfried, sur les valeurs fondamentales de l'existence, mais il devient rapidement un conflit de personnalités. Et si Winfried semble dominer Ines par sa stature comme par son humour, on s'aperçoit très tôt qu'elle est capable de lui donner la réplique et de renverser la situation à son avantage : s'il explique avec ironie dans une des toutes premières séquences qu'il vient d'engager une fille de substitution, elle lui répond sans se décontenancer que c'est effectivement super et que ça lui évitera de devoir lui téléphoner à son anniversaire ! À Bucarest également, elle lui donnera facilement la réplique quand il lui parlera du bonheur et du sens de la vie : avec un flegme teinté d'ironie, elle lui reprochera d'employer de bien grands mots et lui renverra habilement sa propre question.

Photo du filmRevenant ensuite sous l'apparence de Toni Erdmann, Winfried la dominera néanmoins par ses interventions grotesques et la mettra mal à l'aise à plusieurs reprises, que ce soit lors de la scène au restaurant déjà évoquée ou quand il surgit sur la terrasse des bureaux où il n'hésite pas à utiliser un coussin péteur ! C'est là notamment qu'il lui répondra que, si elle veut lui parler de son père, il n'est pas la personne adéquate puisqu'il se présente sous son identité farfelue de coach en charisme.

Ines cependant, malgré son apparence menue, se révèle une redoutable jouteuse, et elle prendra par exemple l'initiative d'inviter son père à la soirée avec ses amis où elle consommera ostensiblement devant lui de la cocaïne et où son collègue (et amant) roumain se comportera de manière obscène avec une bouteille de champagne exhibée phalliquement. Toute son attitude vise alors à confronter son père à une nouvelle image d'elle-même, dérangeante et très éloignée de celle de petite fille que son père a certainement conservée d'elle, et à le mettre à son tour mal à l'aise dans ce milieu où il est foncièrement étranger. On remarquera cependant qu'elle ne tire pas réellement avantage de cette situation, préférant finalement quitter la boîte de nuit sans chercher à marquer clairement une quelconque domination symbolique : c'est bien elle au final qui fera le chemin qui la sépare de son père.

Mais, avant cette scène réconciliation, le rapport de force montera en intensité, en particulier lors de la visite sur le site pétrolifère où elle utilise son père pour faire pression sur le dirigeant roumain, à tel point qu'une blague maladroite de Winfried provoque le licenciement d'un ouvrier. Le père est alors pris à son propre piège, celui du déguisement, et sa fille l'achève symboliquement dans l'auto en lui affirmant que le développement économique du pays passe par de tels licenciements malgré le sentimentalisme « vert » dont il fait naïvement preuve.

Défait, le père se rend alors chez cette Roumaine dont il a conservé la carte de visite et auprès de laquelle il se fait passer pour l'ambassadeur d'Allemagne. Encore une fois, le rapport de forces s'inverse, et sa fille est prise au piège de cette comédie en étant d'abord obligée de peindre maladroitement un œuf et puis surtout de chanter à tue-tête devant toute la famille réunie. Mais, très digne, elle plante là aussitôt son père et tourne les talons.

Le rythme et le climax du film

Ces rapports de force changeants donnent ainsi une dynamique propre à chaque scène dont on ne peut deviner l'issue : victoire du père ou victoire de la fille ? Et si l'humour est souvent présent, on s'aperçoit aussi que la cinéaste n'hésite pas à faire durer de nombreuses séquences dans un film qui fait effectivement plus de deux heures et demi : si la plupart des spectateurs gardent l'impression d'une comédie, les différentes séquences sont pratiquement montées en temps réel, ce qui permet en particulier au malaise de s'installer. La tension présente chez l'un ou l'autre personnage est ainsi palpable à de nombreuses reprises - au restaurant, dans la boîte de nuit, sur le site pétrolifère, dans la famille roumaine… - même si l'humour permet également à certains moments de libérer le rire. Ainsi, la première rencontre à l'ambassade avec le PDG Henneberg qui invite ensuite le père d'Ines à prendre un verre avec sa fille, est toute entière traversée par des enjeux cachés qui transparaissent néanmoins à travers les propos feutrés : la scène dure suffisamment - même si, comme le père, on n'en comprend pas bien le sens - pour que nous ressentions s'installer un lourd malaise en particulier quand l'on devine qu'Ines a fait un faux pas (ou qu'elle s'est faite piéger par le PDG).

Photo du filmCette tension est également très palpable dans la scène qui constitue le climax du film, cette party entre collègues qui tourne à une mise à nu générale et qui suscite l'hilarité des spectateurs. Mais cette hilarité résulte aussi de la durée de cette séquence où l'on voit d'abord Ines enfiler une robe extrêmement serrée qu'elle ne peut fermer qu'en utilisant une fourchette pour remonter la fermeture-éclair, préparer ensuite longuement la réception puis vouloir changer de robe sans parvenir à enlever rapidement celle qu'elle porte déjà : la séquence dure de longues minutes, et, si l'on pouffe quand elle ouvre nue à ses invités à leur tour plus ou moins dévêtus, la caméra s'attarde pour montrer l'attitude interloquée, dubitative, choquée, mal à l'aise, embarrassée des interlocuteurs qui se succèdent.

Au-delà de l'aspect comique, ce climax décide également du sens profond du film. En effet, il n'y a là aucune confrontation entre le père et la fille, et c'est Ines seule qui, soumise à une pression purement psychologique, décide soudainement de se dévêtir et d'accueillir ses invités en tenue d'Ève : ce geste a bien sûr une portée métaphorique, et cette mise à nu est aussi bien physique que morale. Ines abandonne les faux-semblants dont elle usait jusque-là dans ce monde d'illusions et de mensonges. Et c'est ce renoncement qui lui permet en définitive de se réconcilier avec son père qui apparaît bientôt dans le déguisement le plus absurde qui soit ! L'on comprend alors que, si les déguisements de Toni Erdmann sont visibles et risibles, ceux qui règnent dans le monde d'Ines sont invisibles et dramatiques et empoisonnent son existence, jusqu'à ce qu'elle décide effectivement d'y mettre fin.

Photo du filmIl n'est pas sûr que ce soit la confrontation avec son père qui ait provoqué cette rupture, et l'on peut penser que l'accumulation des mensonges, perceptible tout au long du film, a joué un rôle décisif, notamment lorsque son responsable lui a demandé d'organiser cette party supposée décontractée et destinée à resserrer les liens dans l'équipe mais qui est vécue par Ines, on s'en rend bien compte, comme le comble de l'hypocrisie. Une autre séquence est d'ailleurs particulièrement révélatrice des mensonges et des faux-semblants que pratiquent les grands responsables de ce milieu d'affaires : son chef Gerald lui suggère en effet après la rencontre avec le PDG Henneberg de coucher avec Tim, le cadre roumain, pour l'amadouer et renforcer la stratégie mise en place… ce qu'Ines fait effectivement, mais l'on comprend rapidement que ce partenaire roumain est déjà son amant et, dans la chambre d'hôtel où ils se retrouvent, il lui dit aussitôt que Gerald est en fait au courant de leur liaison supposée secrète. Chacun joue donc un double ou un triple jeu, mais l'on perçoit à ce moment que cette situation mensongère ulcère ou révolte Ines : refusant de faire l'amour avec lui sous prétexte de ne pas pas perdre son « mordant », elle demande en effet à son amant de jouir sur les petits fours apportés par le personnel de service ! La scène est drolatique, mais elle est révélatrice de l'hypocrisie extrême et de la violence morale qui règne dans ce milieu d'affaires prêt à contraindre la jeune femme à se prostituer, ce qui provoque sans doute pour la première fois une fêlure chez elle[3].

La Roumanie en arrière-plan

La cinéaste met ainsi à l'avant-plan les relations personnelles entre la jeune femme et son père mais également avec ses différents collègues ou responsables. Si les mensonges qui dissimulent d'évidents rapports de pouvoir semblent dominer ce milieu d'affaires, la géographie des lieux est révélatrice d'un contexte social beaucoup plus large : le cabinet de consultance où travaille Ines a en effet pour mission de restructurer l'industrie pétrolière en Roumanie pour la rendre plus performante, même si c'est au prix de nombreux licenciements.Photo du film Mais cet aspect n'apparaît que progressivement, le film se focalisant d'abord sur les lieux privilégiés - ambassade, hôtels de luxe, bureaux de grandes compagnies, boîte de nuit… - que fréquente la jeune femme. Quand son père la quitte avant de revenir un peu plus tard sous les traits de Toni Erdmann et qu'elle lui dit au-revoir du haut du balcon, la caméra nous révèle discrètement l'envers du décor puisque l'on voit au bord du cadre des maisons délabrées et ceinturées d'un mur opaque, qui font partie manifestement d'un bidonville. La ségrégation sociale est visible, et la Roumanie « réelle » n'apparaît que par instants comme quand Ines est obligée de faire appel à des « artisans » locaux pour ouvrir les menottes dont son père a oublié les clés !

Bien entendu, c'est lors de la visite à l'entreprise pétrolière que l'écart entre les deux mondes se révèle dans toute sa brutalité : l'on voit à ce moment les conséquences des plans qui ont été élaborés et des décisions qui ont été prises dans les bureaux d'affaires et dont les travailleurs roumains sur le terrain n'ont aucunement conscience même si leur destin est alors en jeu. Cet écart ne semble pas néanmoins peser sur l'esprit de la jeune femme qui justifie lors du retour en auto cette politique par les supposés bienfaits du développement économique, et la fin du film montrera en outre qu'elle n'a pas définitivement quitté le milieu des affaires puisqu'elle a simplement changé de cabinet de consultance. Mais notre regard n'est pas celui d'Ines, et la description de cet univers, de l'hypocrisie et de la cruauté des relations humaines qui s'y manifestent aura suffisamment marqué notre esprit pour ne plus croire aux faux-semblants des discours que tiennent leurs dirigeants comme le fait le PDG Henneberg vantant la Roumanie comme un pays idéal pour faire des affaires !

Quelques pistes de réflexion

Outre les éléments d'analyse proposés ci-dessus, plusieurs aspects du film Toni Erdmann méritent une réflexion complémentaire.

  • Les rapports entre genres masculin et féminin sont aussi des rapports de domination. Dans cette perspective, il est intéressant d'analyser les relations d'Ines avec ses collègues et responsables : quelles sont les allusions dans le film aux rapports entre genres ? Les femmes sont-elles considérées différemment des hommes ? Et ces différences sont-elles explicites ou cachées ? Comment s'exerce la domination entre genres ?
  • Quelle est exactement la stratégie économique montrée dans Toni Erdmann ? Quel est le rôle des différents personnages, allemands et roumains ?
  • Comment apparaissent les rapports de domination dans le film ? Comment devine-t-on aux gestes, aux attitudes, aux réactions qu'un personnage est en position dominée ou au contraire dominante ?
  • Peut-on comparer les personnages de Winfried et d'Ines à des célèbres duos comiques, notamment du cinéma burlesque, comme Laurel et Hardy ? Quelles similitudes mais également quelles différences aperçoit-on ?

1. « L'auguste porte un nez rouge, un maquillage utilisant le noir, le rouge et le blanc, une perruque, des vêtements burlesques de couleur éclatante, des chaussures immenses ; il est totalement impertinent, se lance dans toutes les bouffonneries. » (Wikipedia français).

2. « Le clown blanc, vêtu d'un costume chatoyant et sérieux, est, en apparence, digne et autoritaire. Il porte le masque lunaire du Pierrot. » (Wikipedia français).

3. On remarque d'ailleurs que c'est la découverte du mensonge de Gerald qui la fait changer d'attitude, plus que la demande d'user de ses charmes pour amadouer supposément Tim, le cadre roumain.

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