Catalogue

Rechercher dans le catalogue :



Trouver

Nouveautés

Partager


 

 

Grignews

Le journal

Une analyse proposée par les Grignoux
et consacrée au film
Le Géant égoïste - The Selfish Giant
de Clio Barnard
Grande-Bretagne, 2013, 1h33


En quelques mots

Libre adaptation d'un conte d'Oscar Wilde, Le Géant égoïste met en scène deux adolescents d'aujourd'hui, dans un coin d'Angleterre où règnent la pauvreté et la misère. Arbor souffre d'un trouble mal défini : toujours en mouvement, rétif à toute forme d'autorité, il est exclu de l'école. Son copain Swifty est lui aussi renvoyé de l'école pour quelques jours pour s'être battu. Livrés à eux-mêmes, les deux garçons découvrent qu'ils peuvent gagner de l'argent en vendant des métaux à un ferrailleur, Kitten. Si Arbor est surtout motivé par le gain, Swifty, lui, voudrait approcher les chevaux de Kitten, une bête de trait et un superbe trotteur.

Destination

Ce film fait immanquablement penser aux drames de Ken Loach : même contexte social, mêmes victimes du libéralisme. Mais Clio Barnard développe un style moins démonstratif et très personnel, avec des images d'une grande beauté. Ses personnages sont terriblement attachants et vont vivre des expériences parfois traumatisantes, qui marqueront durablement l'imagination des spectateurs.

Le Géant égoïste peut être vu par un large public, même si certains spectateurs habitués à un cinéma de divertissement peuvent être déroutés par le réalisme de la mise en scène et une certaine noirceur du propos.

Analyser le récit

Image filmSi l'on souhaite rendre compte d'un film, par exemple à une personne qui ne l'aurait pas vu, on peut en résumer l'histoire. Mais d'une part, l'exercice n'est pas toujours très facile: il faut distinguer les événements essentiels de ce qui est accessoire, il faut aussi rétablir des liens parfois implicites entre des faits, formuler des hypothèses sur les motivations des personnages, etc. D'autre part, le seul résumé reste souvent très en deçà de la réalité du film, qui porte fréquemment un message, qui décrit souvent un monde plus ou moins réel, qui suscite généralement des émotions, une identification, etc.

Pour essayer de rendre compte du film d'une manière plus complète, nous voudrions ici proposer deux axes: la description du contexte dans laquelle l'histoire se déroule et l'analyse de l'intrigue elle-même.

Le contexte

Comment pourrait-on décrire le contexte dans lequel se déroule l'histoire? Quels traits significatifs pourrait-on relever? Réfléchissons notamment aux thèmes suivants[1].

  • Famille
  • Environnement (quartier, rues, …)
  • École
  • Relations interpersonnelles
  • Travail
  • Argent
  • Culture et loisirs

Que dit le film sur ces différents thèmes?

Commentaires

Voici quelques éléments qui pourraient être avancés pour décrire le contexte social dans lequel l'histoire prend place.

Famille

Image filmLa famille d'Arbor est monoparentale: la mère s'occupe seule de ses deux fils. C'est d'autant plus difficile pour elle que Martin se drogue et deale probablement: il vole les médicaments de son frère, il est menacé par des créanciers, il a des ennuis avec la justice, il se montre relativement violent, au moins en paroles. Quant à Arbor, il souffre d'un mal qui le rend assez incontrôlable.

La famille de Swifty est nombreuse, probablement recomposée. Swifty ne semble pas avoir une relation père-fils avec Price Drop, le compagnon de sa mère; à la mort de Swifty, Arbor cherchera le pardon de sa mère et pas de Price Drop. Quant à Swifty, il tient probablement sa passion et sa connaissance des chevaux de son vrai père. Price Drop se montre par ailleurs assez violent, au moins en paroles. Cette famille est surtout marquée par la pauvreté (obligation de vendre le mobilier, coupure d'électricité…)

Ainsi, les deux familles du film ne sont pas des «havres de paix». Des refuges, certes, mais qui ne présentent que partiellement le confort, la protection et la sécurité que l'on pourrait attendre. On notera néanmoins qu'il existe un lien assez fort entre les deux adolescents et leur famille. Par exemple, Swifty donnera à sa mère l'argent gagné avec la ferraille pour payer une facture et éviter sans doute une saisie par huissier. Quant à Arbor, il sera présent pour consoler sa mère et nettoyer les bris de vitre, après le passage terrorisant des créanciers de Martin, le frère drogué.

Environnement

L'histoire du film est située à Bradford, dans le Yorkshire, en Angleterre, plus exactement dans une banlieue assez misérable: on y voit des maisons en piteux état (vitres brisées remplacées par des cartons), des barrières branlantes, des trottoirs défoncés, des commerces désaffectés… Les adolescents peuvent trouver dans les environs des rebuts, des objets cassés abandonnés, même une carcasse de voiture.

Mais le film montre aussi la centrale électrique et ses nombreuses lignes à haute tension, ainsi que des tours de refroidissement. Il y a donc une activité industrielle dans la région, mais telles qu'elles sont tournées, les images laissent à penser qu'une partie de ces bâtiments industriels sont abandonnés. Ils sont entourés de terrains où la nature semble reprendre ses droits et où évoluent des chevaux et des moutons. On peut ainsi imaginer que la région a connu un développement industriel et économique, suivi d'un déclin, probablement synonyme de pertes d'emploi.

École

Image filmL'école que fréquentent Swifty et Arbor semble assez classique et offre un cadre de propreté et de stabilité. Arbor peut s'y procurer les médicaments dont il a besoin après que son frère lui a volé les siens; Swifty est calmement accueilli au secrétariat alors qu'il a été exclu.

Pourtant, cette école semble partiellement défaillante, dans la mesure où elle se révèle incapable de prendre en charge un enfant « différent » comme Arbor. (La mère reproche d'ailleurs au directeur d'avoir échoué avec ses deux fils.) Une certaine violence règne dans la cour de récréation, où Swifty se fait harceler par d'autres garçons. Quant à l'enseignant de la classe des deux garçons, il est incapable de se faire respecter par Arbor, qui entraîne avec lui les rires de ses condisciples.

Ainsi, les deux garçons exclus après une bagarre vont se trouver en situation de décrochage scolaire et il n'y aura pas de prise en charge alternative pour eux. Si ce n'est celle, peu recommandable, de Kitten.

Relations interpersonnelles

La manière dont les personnages communiquent et se comportent les uns envers les autres est souvent assez violente: les garçons qui se déplacent sur la chaussée avec leur carriole se font insulter par les automobilistes et ils y répondent spontanément; les moqueries sont fréquentes et assez vilaines, comme celle de cet homme qui croise Swifty qui pousse une voiture d'enfant vide et qui lui demande si Price Drop (son beau-père) a vendu un de ses gosses… Dans la cour de récréation, mais aussi en dehors, on entend des garçons qui raillent Swifty en raison de son origine. (Selon toute vraisemblance, la famille de Swifty est d'origine tsigane, une population sédentarisée mais néanmoins toujours victime de stigmatisation.)

Image filmÀ l'intérieur même des familles, les paroles sont souvent violentes: Arbor et Martin s'adressent sans douceur à leur mère; Martin insulte Swifty quand celui-ci vient dormir chez lui…

On notera aussi que c'est la loi du plus fort qui semble régner: Arbor, mais aussi Swifty et Daniel sont dominés par Kitten, qui détient l'argent, les outils (outils qui peuvent être utilisés comme des armes…) et le pouvoir. Dans ce contexte, l'arrogance d'Arbor est souvent payante : il obtient des policiers qu'ils se déchaussent pour entrer chez lui, son professeur ne l'emporte pas dans l'affrontement avec le jeune garçon. Ainsi, l'autorité symbolique de la police ou de l'enseignant ne fait pas le poids face à la force réelle d'un Kitten, par exemple.

Le climat social est donc décrit comme assez brutal. Pourtant, il peut y avoir une vraie chaleur humaine, en cas de coup dur, comme en témoignent la scène où, après le drame de la mort de Swifty, Martin essaie de faire sortir son jeune frère qui s'est réfugié sous son lit, ou, les scènes déjà évoquées de solidarité familiale. Enfin, les deux garçons échangent, sinon des paroles bienveillantes, au moins des gestes pleins de chaleur : Swifty entoure les épaules d'Arbor de son bras lors de leur première paie, les gamins se chamaillent et se bousculent par jeu. Il y a une vraie complicité physique entre ces deux-là, notamment lorsqu'ils jouent sur le trempoline.

Travail

Image filmLe film met en scène différentes sortes de travailleurs. Dans des rôles secondaires, on verra le personnel de l'école (enseignants, secrétaire… ), mais aussi les ouvriers qui posent des câbles électriques. Les rôles les plus importants reviennent à des travailleurs moins «protégés»: les enfants qui collectent les métaux (on verra d'autres adolescents se déplacer avec une carriole ; Arbor et Swifty ne sont pas les seuls à exercer cette activité), les ferrailleurs, qui achètent et revendent, comme Kitten, mais aussi ceux qui collectent d'une manière plus professionnelle que Swifty et Arbor, comme Mick et Daniel.

Ainsi, le film met surtout en scène des travailleurs de la récupération et de la débrouille, qui font des tâches très physiques et passablement dangereuses, mais aussi illégales à l'occasion. D'autres personnages du film semblent ne pas avoir d'emploi, comme la mère de Swifty et son compagnon. Le monde du travail représenté dans le film est celui d'une société en crise, où le travail légal et protégé ne permet pas à tous de vivre dans la dignité.

Argent

Il est clair que l'argent manque, particulièrement dans la famille de Swifty, qui est dans une situation très difficile, où le père vend le canapé et où l'on mange froid, faute d'électricité. La famille est sans doute endettée.

Mais il est assez remarquable également de voir comment l'argent s'échange de la main à la main. Il ne transite pas par la banque ou des commerces traditionnels : il est l'objet de pari sur la course de chevaux; les métaux récupérés sont pesés et monnayés immédiatement. Mais il s'agit là d'un monde sans loi, où Kitten prélève d'autorité un billet sur la rémunération d'Arbor et Swifty sous le fallacieux prétexte qu'ils sont mineurs et où Mick ne donne finalement pas sa part à Arbor, quand il a été vendre à sa place le cuivre volé à Kitten. Mick se voit donc payé deux fois : une première fois où il a vendu le cuivre à Kitten et une deuxième fois quand il revend ce même cuivre à un autre ferrailleur.

L'argent circule ainsi de manière assez sauvage.

Culture et loisirs

Si l'on souhaite observer les loisirs ou les pratiques culturelles des personnages du film, l'on se trouve bien démuni. En effet, à aucun moment, l'on ne voit un personnage profiter de loisirs, c'est-à-dire d'une activité librement choisie que l'on exerce pour le plaisir. Il ne se trouve même pas un personnage qui regarde la télévision ou qui lise un magazine. La culture est également totalement inexistante: pas de livres, pas de films (au cinéma ni même à la télévision), pas de musique.

La course de chevaux est peut-être le seul moment du film que l'on puisse rattacher à l'idée de loisirs, pour les spectateurs et les parieurs. Mais il s'agit également d'une entreprise commerciale où l'on met en jeu de l'argent et qui est l'occasion de rapports relativement violents entre les participants (railleries, engueulades).

Conclusion

En conclusion, on peut dire que le contexte dans lequel se déroule l'histoire est très sombre, presque désespéré. La pauvreté des parents, le commerce florissant de la ferraille et autres matériaux de récupération, qui pousse les plus démunis à prendre des risques pour voler ces matériaux sont quelques signes explicites de la déroute économique.

Celle-ci se ressent également dans les difficultés sociales qui sont montrées: le décrochage scolaire, le commerce et la consommation de drogue avec tous les risques qui les accompagnent, l'impuissance des figures d'autorité traditionnelles (parents, enseignants, policiers… ). Il se dégage de cela un sentiment de perte de cadre, de loi (harcèlement des enfants, menaces des créanciers…).Le monde des ferrailleurs est particulièrement dur, et Kitten est spécialement violent, qui menace Arbor de lui broyer la main. Ainsi, c'est une société à la dérive qui est montrée, dans laquelle la loi du plus fort semble gagner du terrain de jour en jour.

Analyser l'intrigue

L'intrigue du film se concentre essentiellement sur trois personnages : Arbor, Swifty et Kitten. Pour analyser cette intrigue, essayons de décrire l'évolution des relations entre ces trois personnages avec quelques questions préalables.

Comment peut-on qualifier les relations entre ces trois personnages à différents moments de l'histoire ? Quels éléments concrets illustrent ces relations ? Quels événements contribuent à changer les relations entre les personnages ?

Commentaires

Image filmVoici quelques éléments de réponse qui pourraient être apportés à ces questions.

Au début du film, Arbor et Swifty sont de très bons amis : ils sont souvent ensemble, ils font ensemble des sorties nocturnes, Swifty va parfois dormir chez Arbor, ils sont solidaires, notamment à l'école où Arbor va défendre Swifty quand celui-ci est harcelé par d'autres garçons. Ils se taquinent et se chamaillent, mais sont aussi physiquement proches dans leurs jeux. La scène où Arbor vient chercher Swifty, qui est retourné à l'école malgré son exclusion, est très représentative: il y a, dans les regards et les sourires des deux garçons, une très grande joie de se retrouver et d'envisager de repartir ensemble.

Les relations avec Kitten[1] sont au début du film un peu ambivalentes: le ferrailleur se montre assez menaçant (il vient vers les garçons en tenant une hache à la main) et s'adresse à eux avec un mélange d'autorité et d'agressivité, mais il est néanmoins intéressé par les métaux qu'apportent les garçons. Ainsi, il les fait entrer dans son lieu de travail et leur montre que les câbles sont marqués et qu'ils doivent se débarrasser des marques qui se trouvent sur leurs vêtements et leurs corps. Les garçons, eux, sont immédiatement « séduits » par Kitten, parce qu'il va leur payer le cuivre et aussi sans doute parce qu'il leur montre la machine à dénuder les câbles et qu'il leur apprend quelque chose d'utile. Grâce à Kitten, les garçons vont pouvoir s'inscrire dans un «marché», où leur travail sera rémunéré, où leur récolte de métal sera traitée. Par ailleurs, Kitten révèle une autorité naturelle que n'a aucun autre adulte de leur entourage, et ce rapport d'autorité permet sans doute aux deux garçons de se définir. Ils peuvent dire désormais qu'ils travaillent pour Kitten.

Les relations entre les trois personnages vont évoluer, quand Kitten découvre le savoir-faire de Swifty avec les chevaux. En effet, Swifty explique à Kitten quelle erreur commet Daniel en drivant Diesel. Dès lors, le regard de Kitten va changer vis-à-vis de Swifty : il va s'intéresser et découvrir les qualités de Swifty, et ainsi scinder la paire que les deux garçons formaient. En effet, alors que Swifty fait ses preuves avec les chevaux et est promu par Kitten (il devra d'abord soigner le cheval, puis sera amené à le driver), Arbor est rejeté par le ferrailleur. Arbor est monté sur le sulky et a démarré l'attelage, sans pouvoir le contrôler: Kitten en a été furieux, parce qu'Arbor s'est emparé de son précieux cheval et parce qu'il l'a mis en danger. Kitten était déjà souvent agacé par Arbor et ses questions incessantes, il va désormais repousser violemment Arbor.

Dans cette situation, Swifty est un peu partagé : il est flatté et heureux de voir son savoir-faire reconnu par Kitten qui lui confie des responsabilités vis-à-vis du cheval, mais il voudrait garder l'amitié d'Arbor.

Image filmMalheureusement, Arbor se sent très blessé de ne pas avoir obtenu le respect de Kitten, contrairement à Swifty. Il essaie alors de détourner Swifty de Kitten en lui répétant ce que les policiers lui ont dit: Kitten se sert de toi. Mais comme cela ne suffit pas, Arbor manifeste sa colère, mais plus sûrement encore sa tristesse, en mettant le poulain à mort. (Dans un champ, où une ligne électrique était tombée, Arbor avait évoqué l'idée de tester la ligne en y amenant le poulain qui paissait à proximité, ce qui avait révolté Swifty. Le film laisse cependant l'interprétation indécise quant à sa responsabilité réelle : Arbor a-t-il causé la mort du poulain ou bien celle-ci est-elle accidentelle, puisque le câble dénudé traînait dans la prairie humide ?) Par ailleurs, Arbor, qui se croit sans doute aussi fort et aussi malin que les adultes qui travaillent dans la ferraille, a régulièrement prélevé du cuivre dans les réserves de Kitten. Il décide donc d'aller vendre ce cuivre à un autre ferrailleur, avec la carriole et le cheval de Kitten, ce qui constitue le comble de l'arnaque ! Mais Kitten apprend qu'Arbor lui a volé une quantité importante de cuivre. (On peut légitimement supposer que c'est Swifty qui l'a dénoncé, révolté par la mort du poulain. Mais ici aussi, le film n'est pas explicite puisque Swifty dément l'avoir fait quand Arbor lui pose la question.)

Kitten menace d'abord de broyer la main d'Arbor en l'introduisant dans la machine à dénuder, mais il se ravise finalement et exige d'Arbor qu'il le rembourse en allant voler des câbles à la centrale. Il lui donne quelques consignes de sécurité, moins tracassé sans doute par le risque que court le garçon que par l'idée de ne pas récupérer le cuivre volé.

Là, c'est une nouvelle preuve d'amitié que Swifty va fournir à Arbor, puisqu'il va venir en aide à son ami qui est incapable d'ouvrir seul la trappe, malgré la trahison probable dont il s'est rendu coupable. C'est là que se produit l'accident: Swifty meurt électrocuté; Arbor survit.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Arbor, plein de colère vis-à-vis de Kitten, ramène le corps de son ami au dépôt. Là, Kitten se comporte d'une manière tout-à-fait inattendue : il se livre à la police en reconnaissant sa culpabilité. Quant à Arbor, il réagit d'abord très violemment (on l'enferme dans une sorte de remise), ce qui traduit sans doute son désarroi. Ensuite, il cherchera le pardon de la mère de Swifty, en frappant à sa porte et en faisant le pied de grue devant sa maison, par tous les temps… Il est évidemment éploré d'avoir perdu son ami.

Finalement, Swifty apparaît — s'agit-il d'un souvenir, d'un rêve ou d'un fantasme ? — dans la chambre d'Arbor où celui-ci s'est réfugié sous le lit, comme dans une des premières scènes du film. Cette apparition annonce la venue de la mère de Swifty, qui accepte enfin de voir Arbor, et qui se rend chez lui pour le prendre dans ses bras. Le film se clôt sur les images d'Arbor qui brosse un cheval: ainsi le garçon a sans aucun doute été profondément bouleversé par le drame, et il a changé, paraissant désormais assagi. Le soin qu'il apporte au cheval peut être vu comme une marque de fidélité à son ami disparu.

Conclusion

Ainsi, si le contexte dans lequel l'histoire se déroule est particulièrement sombre, l'espoir jaillit néanmoins dans les moments où les personnages ont des comportements remarquables. Notamment, la fin du film est marquée par quatre événements inattendus qui « tirent les personnages vers le haut »: l'aide apportée par Swifty à Arbor, malgré la trahison de ce dernier; la reconnaissance immédiate de sa culpabilité par Kitten; la recherche du pardon par Arbor; et le pardon accordé à Arbor par la mère de son ami.

Le film défend ainsi des valeurs humanistes, seules capables de sauver les personnages dans un monde désespéré.


1. Kitten signifie « chaton »: un surnom ironique pour cet homme violent…

Image film

Cliquez ici pour retourner à l'index des analyses.
Un dossier pédagogique complémentaire à cette analyse est présenté à la page suivante.