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Extrait du dossier pédagogique
réalisé par les Grignoux et consacré au film
Mia et le Migou
de Jacques-Rémy Girerd
France, 2008, 1 h 31

Le dossier pédagogique dont on trouvera un extrait ci-dessous s'adresse aux enseignants du primaire qui verront le dessin animé Mia et le Migou avec leurs élèves (entre sept et dix ans environ). Il contient plusieurs animations qui pourront être rapidement mises en oeuvre en classe après la vision du film.

Identifier les thèmes du film

En plus de favoriser la remémoration, le graphe des personnages (élaboré lors de l'animation précédente [non reproduite sur cette page web]), visible ci-dessous, pourrait être le point de départ d'une approche consacrée aux thèmes du film.

Invitons les plus jeunes à observer attentivement le schéma établi ensemble au tableau, et demandons aux plus grands de recopier cette représentation sur une feuille de papier cartonné de format A4. Nous suggérons que les enfants des classes maternelles et du premier degré de l'enseignement primaire travaillent collectivement avec l'aide de leur instituteur ou institutrice. Les plus grands, quant à eux, travailleront individuellement autour des quatre thèmes préalablement définis et annoncés par l'enseignant: la protection de la forêt, les moyens de transports, le climat et la famille.

Pour chaque thème, il s'agira de:

  • relever un maximum d'indices en utilisant la représentation graphique et les souvenirs qu'elle permet de faire remonter;
  • évaluer la pertinence de ces thèmes, éventuellement en ajouter d'autres.

Commentaire

Cette activité d'observation et d'analyse devrait permettre de dégager sans trop de difficultés les quatre thèmes suivants.

Le thème des moyens de transport

Pour se rendre sur le chantier où travaille son père, Mia et le père d'Aldrin ont un long chemin à effectuer. Entre la ville occidentale où il vit et la ville d'Amérique du Sud où il doit accompagner les investisseurs, Jekhide utilise son jet privé; il utilise ensuite trois hélicoptères pour les amener au-dessus du site paradisiaque qu'il espère transformer un complexe hôtelier de luxe. Ces deux moyens de transport lui permettent d'aller très vite.

Mia, quant à elle, a une distance moins grande à parcourir, mais elle progresse beaucoup plus lentement: elle quitte le village à pied, passe d'une berge à l'autre de la rivière à bord d'un radeau puis elle traverse le désert sur un vélo conduit par un homme assoupi.

En ville, avant d'embarquer à bord d'un minibus dissimulée sous les jupes d'une grosse dame, elle aperçoit Aldrin à l'arrière d'un taxi. Elle descend la dernière du minibus et poursuit sa route à pied sur les corniches et chemins escarpés de montagne. Elle termine enfin son parcours au creux de la main d'un Migou qui la transporte tout en haut d'une falaise, d'où elle découvre le site convoité par Jekhide et l'arbre sacré protégé par ses nouveaux amis.

Le thème du climat

Maggy, la grand-mère d'Aldrin, part en cure de thalassothérapie avec Charlemagne parce qu'elle ne supporte pas la vague de chaleur qui s'est abattue sur la ville; quant au village de Mia, il est pratiquement déserté à cause de la pénurie d'eau. En chemin, elle demande à Pablo de l'aider à passer de l'autre côté de la rivière car le pont s'est effondré, rendant la traversée périlleuse et pratiquement impossible; le garçon regarde le cours d'eau au fond du petit canyon et dit qu'il n'a jamais vu ça; ce n'est pas comme d'habitude: le niveau de l'eau a fortement baissé. Elle poursuit sa route à travers un désert tout plat où on ne voit ni végétaux ni la moindre trace d'eau; enfin, dans la forêt, Mia aide un Migou à dégager une source qui donne naissance à une flaque d'eau autour de laquelle de nombreux animaux se rassemblent aussitôt pour boire.

Après avoir découvert le site à proximité du chantier où son père travaille, Mia s'endort; à son réveil, il fait froid et il y a un épais brouillard. De même, lorsque les deux enfants retrouvent chacun leur père après la catastrophe, la surface du lac s'est transformée en couche de glace. Enfin, à la toute fin de l'histoire, tous les personnages accueillent comme un véritable miracle la pluie qui se met à tomber.

Le thème de la forêt en danger

Mia et Jekhide se mettent en route vers une même destination: une forêt où il se passe de drôles de choses. En tant que protecteurs de la forêt tropicale et en particulier de l'arbre bizarre situé sur un îlot au centre du lac, les Migous tentent de retarder les travaux du chantier en effrayant les ouvriers, en tordant et en fracassant leurs grues, qui sont leurs principaux outils de travail; manifestement, ils n'ont pas du tout envie que le béton vienne défigurer la nature et même carrément la remplacer.

Quand Jekhide prend l'arbre sacré pour cible avec son lance-flammes, c'est tout l'environnement qui prend feu; des oiseaux noirs se mettent à poursuivre son hélicoptère, et, lorsque l'engin finit par s'écraser en flammes, ce sont les animaux et les lianes qui s'en prennent à Jekhide en s'enroulant autour de ses jambes et de son corps tout entier comme pour le retenir dans sa course. Une ombre rouge commence alors à recouvrir la terre, et les eaux du lac prennent petit à petit la couleur du sang. En somme, c'est un vrai cataclysme qui se déclenche, un peu comme si le geste de Jekhide avait déclenché la fin du monde. Heureusement, l'arbre sacré n'est pas complètement détruit, et la vie commence à reprendre grâce à une racine tombée dans l'eau. La forêt est sauvée, mais d'extrême justesse.

 

Les trois thèmes décrits ci-dessus permettent d'identifier l'environnement comme étant la question centrale du film: on y parle de l'urbanisation à outrance et de la déforestation ainsi que des dérèglements climatiques dus au réchauffement de la planète, la question du transport prenant bien sûr dans ce contexte une connotation écologique d'autant plus évidente que le film oppose des moyens extrêmement polluants (l'avion et l'hélicoptère, utilisés par Jekhide, le «mauvais» de l'histoire) à des moyens beaucoup plus respectueux de l'environnement comme le vélo ou les transports en commun, auxquels recourt Mia.

Prolongement: «Sauvons la planète»

Pour compléter ou éventuellement clarifier cette approche écologique proposée par le film, soumettons aux enfants les paroles de la chanson du générique de fin et assurons-nous que tous en comprennent bien le sens. Annonçons-leur qu'eux aussi vont maintenant être amenés à faire passer un message aux élèves de toute l'école en menant une petite campagne de sensibilisation à la protection de l'environnement. Choisissons avec eux un lieu de passage dans l'enceinte de l'établissement où l'on pourra accrocher une petite exposition et invitons chacun à réfléchir à son œuvre.

Un moyen amusant et sans doute efficace de donner de l'inspiration aux jeunes élèves consiste à effectuer une recherche sur Internet pour passer en revue quelques exemples de créations originales. Dans cette perspective, nous recommandons aux enseignants d'utiliser un moteur de recherche comme «Google Images» par exemple, sur le thème «Sauvons la planète». Par ce moyen, on trouvera très facilement plusieurs dizaines de créations variées: dessins d'enfants, dessins humoristiques, représentations symboliques, collages, photographies… En plus d'une source d'inspiration, cette riche découverte sera l'occasion de vérifier ce que les enfants comprennent de tous ces documents imagés.

Chanson du générique de fin

(Album de Serge Besset)

L'homme connaît toutes les recettes
Pour abîmer la planète
Il possède tout ce qu'il faut
Pour la réduire en morceaux.
Il est devenu si puissant
Qu'il ne lui faut pas longtemps
Pour défaire ce que la terre
A mis tant de temps à faire.

Arrêtons tous les blablas
La planète est raplapla
Faudrait quand même réfléchir
Avant de faire encore pire.
C'est pas gravé dans nos têtes
Qu'on est tous des marionnettes
Au fond de chacun d'entre nous
Sommeille un petit migou.

Le fric pousse toujours les hommes
A régler par la technique
Tout c'qui pose problème en somme
Au détriment de l'éthique.
La forêt et l'énergie
L'eau, le soleil et la vie
Les transports et la santé
Tous fourrés dans l'même panier
[REFRAIN]

Combien de générations
Reste-t-il au genre humain
Pour stopper la pollution
D'un fabuleux coup de frein?
Une ou deux, peut-être trois
Ça dépend de nous, de toi
Est-ce qu'on veut pour nos enfants
Un monde à feu et à sang?
[REFRAIN]

Le thème de la famille

Comme c'était déjà le cas dans son précédent long métrage d'animation, le quatrième thème indique l'intérêt du réalisateur pour un phénomène de société relativement récent: la transformation de la famille, son évolution vers de nouveaux modèles, vers une nouvelle répartition des places et des rôles…

Jacques-Rémy Girerd développe ce sujet principalement à travers l'exemple de la famille d'Aldrin, un garçonnet qui passe beaucoup de temps avec sa grand-mère Maggy pendant que son père Jekhide est tout entier à son métier de promoteur immobilier et que sa mère, météorologue de profession, effectue des mesures scientifiques en Antarctique. Dès lors, un gros problème se pose pour Jekhide, toujours complètement dépendant de sa propre mère, lorsque celle-ci annonce que, pour une fois, il va bien falloir qu'il se débrouille tout seul comme un grand. En effet, elle abandonne son rôle de mami-gâteau pour partir en cure de thalassothérapie avec Charlemagne, son nouveau compagnon rappeur de trois ou quatre décennies son cadet!

Comme Mia, Aldrin est un enfant unique qui souffre de l'absence de sa mère. Tandis que la fillette cherche à retrouver son père, Aldrin voudrait que le sien s'occupe de lui. Isolée mais débrouillarde et débordante de vie, Mia semble connaître un sort fort semblable à celui de Pablo et de ses cinq sœurs, des enfants qu'elle croise en chemin et qui se débrouillent apparemment tout seuls pour vivre.

Quelles que soient ainsi les situations familiales évoquées dans le film, elles mettent toutes en évidence des enfants livrés à eux-mêmes, à des degrés divers. Pour les jeunes élèves qui voient le film et qui sont peut-être eux-mêmes confrontés à des situations proches, c'est donc là une bonne occasion d'exprimer leurs réactions et sentiments sur tous ces nouveaux modèles sans faire obligatoirement référence à un vécu qui peut être (ou avoir été) douloureux à un moment donné.


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